Comment et pourquoi récupérer l’eau de pluie ?

Les temps ont changé. Avec la surpopulation mondiale qui guette et une prise de conscience générale, dans les pays dits « avancés »  ou au moins développés, de l’impact humain sur la nature, de nouvelles pratiques se développent pour pallier les problèmes environnementaux. Parmi ces techniques : la récupération d’eau.

Une tendance qui n’est pas nouvelle : cela fait des décennies (voire plus) que la récupération d’eau de pluie est pratiquée, notamment par les jardiniers.

Comment récupérer l’eau de pluie

Il existe différentes techniques à ce jour pour les particuliers comme pour les pros, mais la plus efficace reste le drainage de l’eau depuis un toit.

Il faut savoir qu’un toit de 100 m² peut, selon la pluviométrie et sa pente, permettre de récupérer entre 3 000 et 60 000 litres d’eau par an. Autant d’eau qui ne va pas vers le sol ni les rivières, d’où une règlementation stricte.

Cuve ou collecteur d’eau hors sol

Il s’agit d’un réservoir, connecté à vos gouttières (pour une maison) ou installé sur votre balcon (pour un appartement).

Dans ce dernier cas, nous attirons votre attention sur le poids de l’eau, les balcons ayant une résistance limitée (exprimée en kg / m²) qu’il vous faut impérativement respecter.

Ce réservoir sera parfait dans un coin ombragé, et est soumis à des lois encadrant son usage (nous vous invitons à les lire avec attention avant toute chose).

Les réservoirs et cuves sont disponibles en différentes contenances selon vos besoins. Les cuves rigides, très répandues dans le commerce, sont soumises aux contraintes extérieures : le soleil, la lune et surtout les gelées. Attention donc, si vous habitez une région soumise aux gelées.

Cuve ou collecteur d’eau enterré

La capacité de ces éléments est généralement largement supérieure à ceux de surface, et répond à des besoins différents.

L’esthétique est bien meilleure puisque le produit est quasiment caché, mais le délai et le coût des travaux d’installation et d’aménagement sont largement supérieurs. A chaque besoin sa solution, en somme.

Éléments d’acheminement de l’eau

Outre le fait d’avoir un toit sain (amiante notamment), vous devrez envisager d’adapter ou changer vos gouttières : celles-ci sont censées assurer la filtration et le transport de l’eau sans la contaminer.

Les éléments doivent donc être sains, durables et efficaces : gouttières, chutes de gouttières, filtres, connecteurs, raccords et enfin la cuve.

Matières à considérer

Les éléments de gouttières sont en général en PVC ou autres plastiques imputrescibles, ainsi que les cuves hors sol (les plus répandues), de couleur blanc transparent.

D’autres matières existent évidemment : zinc, matières composites, PVC, acier, bois, aluminium… Les plastiques sont désormais réputés pour leur tenue dans le temps, toutefois, si l’aspect santé vous préoccupe, sachez qu’un plastique chauffé peut transmettre des éléments à l’eau, du type bisphénols.

A éviter si vous consommez l’eau directement sans traitement (non recommandé) et si cet aspect vous importe.

Le gros avantage des plastiques, c’est de ne pas craindre l’effet de l’eau (rouille oxydations…), contrairement à un acier quel qu’il soit. Le plastique possède généralement une légèreté, une robustesse importante, ainsi qu’une modularité par emboitement par exemple et une protection anti-UV. Les formes possibles sont complexes et variées.

Tous ces éléments sont à prendre en compte en fonction de votre projet, au même titre que le coût et le délai de mise en œuvre.

Des éléments non prévus au programme

Surprise ! En envisageant ce projet, vous aviez pensé uniquement à l’achat de la cuve ? Sachez que les éléments connexes (système de collecte : tubes / gouttières / connecteurs / filtres) sont très techniques, et présentent un coût et une complexité importants et incontournables.

Nous vous conseillons de prévoir, sur papier, un plan de l’installation et de le soumettre, avant toute action, au magasin de bricolage ou au professionnel auquel vous ferez appel.

Savez-vous par exemple, comment vous allez connecter le réservoir à vos gouttières ? Quel joint utiliser ? Est-ce que vos gouttières sont saines ? Peut-on mélanger différentes matières ? Combien de temps vous pouvez stocker l’eau ? Que faire si des micro-algues apparaissent dans ma cuve hors-sol ?

Pas si simple, n’est-ce pas ?

Pourquoi récupérer l’eau de pluie

Si vous lisez cet article, vous avez déjà certainement une idée en tête. Les raisons pouvant inciter à utiliser l’eau pluviale sont nombreuses :

  • le coût de la ressource
  • sa facilité de collecte
  • ses nombreux usages possibles et évidents

Les motivations sont nombreuses : une majorité de français souhaite aujourd’hui protéger la nature et utiliser l’eau à bon escient.

La motivation économique est évidente, malgré un coût de l’eau qui reste assez bas en France, si on le compare à ce qui se pratique à l’étranger.

Toutefois, si vous regardez votre facture d’eau à la fin de l’année (plusieurs centaines d’euros en général), les économies réalisables sont vraiment là. Il s’agit toutefois d’un investissement, pas d’une recette miracle.

De plus, le jardinage et l’adoption par des urbains d’animaux domestiques autrefois réservés à la campagne (poules et volailles diverses, chèvres, cochons…) motive parfois ce genre de démarches.

Enfin, attention aux motivations écologiques : le fait de détourner une partie de l’eau qui devrait normalement se retrouver dans le système public de gestion de l’eau peut avoir des conséquences. L’eau échappe à un traitement sanitaire et est déviée de son cours normal. A pratiquer avec modération et raison, donc.

Quelles sont les utilisations possibles de l’eau de pluie ?

Les usages possibles sont nombreux :

  • lavage d’éléments domestiques, mobilier d’extérieur et véhicules
  • lavage des façades de la maison, de la terrasse
  • jardinage
  • remplissage de piscine, de mare, de bassin d’agrément ou d’étang
  • stockage en vue de la saison chaude
  • douche d’été en extérieur
  • utilisation aux toilettes ou en alimentation d’électroménager
  • etc…

Vous pouvez aussi laver et abreuver vos animaux domestiques (chiens, poules, chèvres etc).

A noter : en adoptant une cuve enterrée, vous démultipliez les usages possibles et les étendez à la maison et son alimentation classique (douches, électroménager etc…).

Quelle solution choisir pour récupérer l’eau ?

On ne peut pas généraliser ici, mais tout dépend de différents éléments techniques :

  • La place dont vous disposez
  • Le but de votre installation, les besoins en eau exprimés
  • Installation enterrée ou non
  • Votre budget
  • Vos compétences techniques
  • Etes-vous un particulier ou une entreprise ?
  • Faites-vous appel à un professionnel ou gérez-vous l’installation vous-même ?

Vers quelle capacité faut-il se tourner ?

Pour résumer, si vous êtes un particulier et avez un besoin en eau raisonnable pour arroser votre jardin, nettoyer la voiture et les chiens, une cuve dite « classique » en PVC pourra vous satisfaire.

Pensez éventuellement à l’installation d’une pompe en relais (puissance recommandée : 1 à 1.5 Bar), qui vous permettra un rayon d’action plus grand (pour un système d’arrosage de serre, par exemple, ou pour obtenir suffisamment de pression pour pouvoir utiliser un nettoyeur haute pression).

Si vous êtes un professionnel ou si vos besoins sont importants (utilisation de l’eau dans la maison) faites installer une cuve enterrée, plus esthétique et possédant une contenance de premier plan. L’évaporation sera aussi plus contenue.

Dans les deux cas, faites valider votre projet par un spécialiste, qu’il intervienne en tant que valideur technique / sanitaire de votre projet ou en tant qu’installateur. Vous aurez l’esprit serein, tant par rapport à la règlementation, aux éléments techniques et sanitaires non négligeables, que par rapport à la pérennité de l’installation.

Après tout, une installation de récupération d’eau est une plus-value non-négligeable pour votre logement !

Comment filtrer l’eau de pluie ?

Cette eau récupérée, pour être utilisable dans de bonnes conditions, doit être filtrée et stockée de façon correcte, vous vous en doutez.

En effet, l’eau stagnante, associée à une température ou une humidité élevée (conditions qu’on retrouve dans les cuves hors-sol par exemple), peut générer rapidement des bactéries ou micro-algues la rendant impropre à la consommation ou à l’usage.

L’eau récupérée avant stockage est elle-même souvent polluée : pollution atmosphérique entre autres.

Différents tamis et filtres physiques peuvent être prévus. Vous pouvez également faire bouillir l’eau, prévoir des pastilles purifiantes ou même un système de filtration par cartouche UV.

Attention, ceci ne garantit pas que l’eau soit buvable / potable, mais bien qu’elle est purifiée. Renseignez-vous bien avant de la consommer directement, et ne la donnez jamais à un enfant. Par contre, elle peut être parfaite pour arroser le jardin et tous autres usages cités ci-dessus.

  • Pour la partie filtration, nous vous recommandons de faire appel à un professionnel.

Combien ça coûte ?

En neuf, comptez de 250 euros (minimum) pour la cuve hors-sol seule, à plusieurs milliers d’euros pour une installation professionnelle enterrée (qui comporte le décaissage de terre, les engins et techniciens à mobiliser, etc).

Pensez aussi à l’occasion, on peut trouver de très bonnes affaires dans ce domaine. Attention à ne pas sous-estimer le coût de pièces intermédiaires telles que les raccords, joints, filtres, colles et fixations notamment. Attention aussi aux autorisations nécessaires si vous creusez (voir en mairie).

Encore une fois, tout dépend de votre projet.

Vais-je faire des économies ?

Comme nous l’avons évoqué, il s’agit ici d’un investissement. Les investissements nécessitent une dépense initiale, avec pour but une plus-value ou au moins une économie au final.

C’est comme cela qu’il faut considérer votre installation de récupération d’eau. Vous ferez évidemment des économies sur le moyen terme, puisque votre facture d’eau va être réduite.

Selon votre consommation d’eau et le coût de l’installation, comptez entre 2 et 10 ans pour un retour sur investissement (délai indicatif).

Important à savoir : vous ne pouvez plus bénéficier d’un crédit d’impôt sur une installation de récupération d’eau en 2016. Toutefois la TVA à 10% est possible selon les conditions. Creusez également du côté de l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat, qui offre des aides pour l’acquisition de récupérateurs d’eau de pluie (voir ce document, page 19).

Conclusion : avec précaution !

La récupération d’eau n’est finalement rien d’autre que l’adaptation de l’homme moderne à son environnement.  Cet investissement se récupère assez facilement à moyen terme, et pour longtemps.

L’installation et le fonctionnement d’un système de captage / récupération d’eaux pluviales sont finalement assez naturels mais le stockage, par exemple, demande des compétences techniques pour être effectué de manière optimale et surtout, cohérente sur le plan sanitaire. Nous insistons sur ce point.

Toutefois, de nos jours, cette activité est fortement encadrée, et on le comprend. Nous vous recommandons dans la mesure du possible de faire appel ou au moins de demander conseil à un professionnel spécialiste du domaine.

En effet, les contraintes techniques et règlementaires sont précises, et l’eau est un domaine crucial pour notre avenir commun. Pensez-y !